Ma position sur le glyphosate

Dans la nuit du 15 septembre dernier, plusieurs de mes collègues ont voté contre « l’interdiction du glyphosate » dans le projet de loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine et durable.

Le 28 mai dernier, j’ai moi-même voté en ce sens. Vous avez été très nombreux à venir vers moi pour me demander des explications. Cette démarche est légitime dans une démocratie, c’est pourquoi je souhaite vous faire part des raisons qui ont motivé mon vote.

En faisant du glyphosate un marqueur de son combat contre les lobbies, le candidat  Emmanuel Macron s’est engagé à mettre un terme à l’emploi du glyphosate dans le quinquennat.

Tous les députés de la majorité sont convaincus, tout comme le Président de la République, que le glyphosate est un produit qui n’a plus sa place dans notre système agricole.

Malheureusement, le constat est clair : ce produit est largement employé dans le secteur agricole, dans la production de légumineuses, de céréales comme d’autres produits à forte valeur ajoutée et notamment sur des vignobles de notre circonscription. Nous devons donc agir avec une double responsabilité : mettre un terme à l’emploi de ce produit tout en laissant suffisamment de temps au secteur agricole de préparer une alternative. Il en va de notre souveraineté alimentaire.

La 11ème Circonscription de la Gironde est un territoire rural comprenant la Haute Gironde, le Pays de Guîtres et le Pays de Coutras.
Le 26 mai 2018, quelques jours avant le vote, un orage de grêle d’une violence inédite a frappé la partie Haute Gironde qui compte de nombreuses exploitations viticoles de tailles diverses.

En l’espace de quelques minutes, ce sont 5000 hectares de vignes qui ont été détruits. Cette perte est catastrophique pour les petites exploitations qui ont déjà connu le gel en 2017.
Voter pour l’inscription du glyphosate dans la loi revenait, à mon sens, à condamner les viticulteurs touchés par ces aléas climatiques.

Notre engagement comme votre mobilisation nous obligent.

1. La majorité a rappelé sa volonté de traduire, sur une période de 3 ans, l’interdiction dans la loi si le pouvoir réglementaire ne prenait pas d’ici là les mesures qui s’imposent. Je suis particulièrement vigilante à ce que cet engagement soit respecté.
2.  L’élaboration et le lancement (fin juin) par les Ministres chargés de l’écologie et de l’agriculture, d’un plan d’actions « sortie du glyphosate » avec des mesures nouvelles et emblématiques, parmi lesquelles :
o Suivi régulier des quantités vendues et utilisées en France, pour plus de transparence.
o Renforcement de notre plaidoyer en Europe : avant l’intervention de Nicolas Hulot, ex-Ministre de la Transition Écologique et Solidaire, et de ses équipes, le glyphosate était en passe d’être autorisé pour 15 années supplémentaires. Après son intervention, le glyphosate n’est plus autorisé que pour 5 années supplémentaires en Europe malgré un lobby intense s’opposant à cette restriction, tout en annonçant notre choix d’en sortir sous trois ans.
3.  Le lancement emblématique du plan Ecophyto II+ : dorénavant, les renouvellements des autorisations de mise sur le marché de produits contenant du glyphosate, ne seront délivrées par l’ANSES que pour 3 ans maximum et ne sont plus reconduits pour les usages pour lesquels des alternatives existent déjà, soit plus de 80 % des surfaces agricoles.
4.  La mobilisation des filières professionnelles dont les engagements, en cours de négociation avec le gouvernement, seront rendus publics dans les prochains jours et montreront j’espère la réalité de leur volontarisme.
5.  Le lancement, dès maintenant, d’une mission parlementaire pour suivre la réalité de cette sortie du glyphosate.

Cette loi, c’est également plus de valeur agricole. C’est accélérer la transformation vers une alimentation plus saine et une agriculture plus écologique avec l’introduction de 20 % de bio et de 50 % d’autres labels de qualité dans les cantines scolaires, l’interdiction des néonicotinoïdes tueurs d’abeilles, la  suppression de certaines substances dangereuses pour la santé, la fin des mentions trompeuses sur le miel, de nouvelles mesures contre le gaspillage alimentaire… Mais il est évident que nous devons aller plus loin, et nous le ferons notamment sur le glyphosate !

Néanmoins, le désaccord sur la méthode n’excuse en rien les insultes, les menaces, les agressions physiques ou les dégradations matérielles que mes collègues et moi-même subissons. Je suis et reste ouverte pour toute discussion dans le calme et le respect, car c’est là mon exigence envers le débat public. Si j’espère avoir pu clarifier ma position à ce sujet, comme toujours, je me tiens à la disposition de tous ceux qui souhaitent s’entretenir avec moi sur ce sujet comme sur tous ceux qui vous sont chers.

Une réflexion sur “Ma position sur le glyphosate

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